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Room In The White Darkness

2020

在一场迟到的归途中与自身及故土和解的尝试,对自我存在的质疑以及对未知时间的幻想与等待唤起了我对故土的想象和自身身份。


韩倩将自己置身于没有时间参考的房中,不用手机电脑,没有时钟,只留下一块早已 停在某年某月的不知是上午还是下午的五点十分的手表,以及日期被她设置成 2020 年 1 月 1 日的红外相机 不间断的录制她在这个隔绝房间内 14 天的行为。窗外环境的声响以及人发出的声音是她唯一能模糊判断时间的依据, 她在这间房内重复地做着相同的事情,起床、写作阅读、抽烟、吃简单的食物、睡觉、等待。

Which was an attempt for reconciliation between myself and my homeland. 
In this belated homeward journey and reconciliation between myself and my homeland, the queries about self-existence and the fantasy and waiting for the unknown time have evoked my imagination and memory of the homeland.

Qian put herself in a room with no time reference, no cell phone, no computer, no clock, only a watch that had stopped long ago at 5:10 am or pm of a certain year and month, and the time of a monitor that she had set to January 1, 2020. The ambient sounds outside the window and the sounds people made were the only basis she had for vaguely determining the time. she did the same things over and over again in this room, got up, wrote and read, smoked, ate simple foods, slept, and waited. 

单频录像, 3h45'
single channel video

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韩倩每天都会写一封信,从门缝中塞出,隔天由亲人随机寄给她的某位朋友。同时会在信被塞出门缝前的时刻拍摄下它们的照片,并记录下她所认为的“此刻”的时间。


这些信就像一本非虚构叙述集,信中出现的我、你和她都是作者本人。作者让三个人彼此对话,它们连接过去和现在,真实和想象。


当真实的物件和图片出现时,文字间隐藏的是真实的记忆还是虚构的幻想? 时间被停留在了哪个时刻?

Every day, Qian wrote a letter that was tucked out through the door and sent randomly to one of her friends by her mother on the next day. There were 14 letters in total, and she took pictures of them every day at the moment before they were tucked out, and noted down the time that she thought was the “moment” in time.

These letters are like a collection of non-fiction narratives in which I, you and she appear as the author herself.  they bridge her past and present, the real and the imaginary. 

When real objects and images from the past appear next to these words, is it a real memory or a fictitious imagination that is hidden between the words? At which moment was our time stopped?

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Quel impact a le temps sur nous ? A l’instar de l’artiste On Kawara, Qian Han appréhende cette question dans une relation objective entre son expérience et le monde. Son travail repose sur des éléments vécus, autobiographiques, qui peuvent aller de relevés d’observations méthodiques de couchers de soleil pendant 19 jours, à une mise en situation contraignante qui vise à éprouver le temps qui passe. Chaque performance a une durée, un début et une fin, pendant laquelle Qian Han met à l’épreuve et en doute des certitudes propres à l’existentialisme. Dans Intervening Time, elle condense en une pile de valises d’où s’échappe des feuilles de calendrier, l’inventaire de ses heures de réveil et de coucher, ses jours de présence en vert chez elle à Wuhan, et d’absence en rouge, d’octobre 2018 à octobre 2019.

Lorsque la crise sanitaire mondiale est annoncée, son billet d’avion Paris-Wuhan est annulé. Elle finit par rejoindre sa maison en juin avec l’objectif de vivre un isolement total pendant 14 jours : sans contact extérieur, sans fenêtre, sans téléphone, sans horloge ou quelconque repère spatio-temporel. Seuls une montre arrêtée à 5h10, une caméra, des cigarettes, des feuilles, un crayon et de quoi subsister, l’accompagnent dans sa petite chambre meublée d’un lit et de deux lampes de chevet. Enfermée, elle est filmée en train de dormir, fumer, manger ou attendre. Dans une forme de rituel, elle écrit une lettre par jour adressée à ses amis, qu’elle glisse sous sa porte afin que sa famille puisse l’envoyer à un destinataire aléatoirement choisi. Cette correspondance unilatérale fait état de notations sur les bruits perçus ou imaginés, de sensations concrètes ou trompeuses, de rêves réels ou fictifs jusqu’à perdre son discernement, une confusion mentale qui pourrait faire écho à l’intrigue de Inception de Christopher Nolan. Réunies et présentées dans son exposition, ces lettres forment le témoignage d’un monde intersubjectif où se pose la question de savoir si notre conscience et notre faculté à percevoir le temps sont les nôtres ou le fruit de la construction des autres ?

Anne-Laure Peressin

Exhibition review by Anne-Laure Peressin

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